
La transgression du genre dans la comédie et la farce n’a rien de nouveau : il s’agit souvent d’une confusion loufoque où quelqu’un se déguise en sexe opposé pour semer la zizanie. Dans le film de Tristan Séguéla, cependant, la dysphorie de genre est au cœur de l’histoire.
Catherine Frot joue le rôle d’Edith, l’épouse parfaite du maire ultra-conservateur Jean qui s’apprête à se représenter. C’est un politicien colérique et chaleureux de la vieille école qui serre la main de tout le monde, va à l’église et garde les choses dégénérées comme les festivals de la Fierté loin de sa petite ville du nord de la France.
Edith a secrètement entamé une transitionAprès 40 ans de vie de femme au foyer parfaite, Edith ne peut plus nier son identité sexuelle. Lors d’un déjeuner avec son mari stressé, la bombe est lâchée : Edith est un homme et l’a toujours été. Désormais, tout tourne autour d’Eddy.
Il n’est pas surprenant que Jean ne le prenne pas très bien. Pour couronner le tout, un jeune expert en médias sociaux vient lui faire remarquer que sa base électorale a un pied dans la tombe et qu’il serait bon de toucher des électeurs plus jeunes. Jean est proche du point de rupture sur tous les fronts. Fabrice Luchini donne une image tellement clichée d’un vieil homme grincheux qu’elle en devient humoristique.
Frot, comme à l’accoutumée, joue les seconds rôles et s’amuse à jouer de son registre masculin. Cependant, il est dommage que Frot n’ait pas eu l’occasion de jouer l’homme transgenre Eddy dans un drame plus discret, elle aurait pu développer davantage le développement d’Eddy, qui n’a pas le temps dans le rythme effréné de la farce. Le titre original français « Un homme heureux » indique que le film est au moins autant consacré à Jean qu’à Eddy.
Malgré les moustaches décousues et les vieillards en colère les scènes les plus drôles se déroulent à l’hôtel de ville, où les conseillers municipaux rampent désespérément auprès du maire pour transformer la crise politique en opportunité. Même là, ça va trop vite, le jeu politique aurait pu avoir plus d’espace, avec une opinion publique peu fiable et des électeurs en mal de médias sociaux.
Sans les deux charmantes chevilles ouvrières que sont Catherine Frot et Fabrice Luchini, « Pour le meilleur et pour le pire » aurait été une parenthèse un peu maladroite.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
