Français Alice Wincour est une cinéaste assez inégale qui, tant dans sa filmographie que dans ses œuvres, oscille entre le haut QE et le plus cliché, mais elle vaut toujours la peine d’être regardée, a de la présence et de la crédibilité dans la représentation des émotions.

Dans « Proxima » Wincour a creusé dans la psyché d’un astronaute qui est forcé de s’éloigner de plus en plus, mentalement et physiquement, de son enfant. Dans « Maryland », le souverain belge Matthias Schoenaerts incarne un soldat qui lutte contre le syndrome de stress post-traumatique et dans « Remembering Paris », il est question de tissu cicatriciel psychologique, mais maintenant après une attaque terroriste à Paris.

Virginie Efira a remporté le Cèsar (Guldbagge français) dans le rôle de l’interprète Mia qui se retrouve accidentellement dans un bistrot attaqué par des terroristes. Elle survit, mais le traumatisme marque toute son existence. Rétrospectivement, le cerveau de Mia bloque l’attaque elle-même, essayant de retrouver le chemin de l’événement pour guérir.

Une caméra fouillée et légèrement animée capture des détails et des fragments de la vie quotidienne, qui deviennent des supports importants des souvenirs de Mia, la guidant vers une sorte de fermeture.

Il s’agit de de la culpabilité du survivant, de l’audace d’aller de l’avant et, surtout, de la façon dont un traumatisme aussi grave bouleverse la vie, en faisant paraître banal ou faux ce qui faisait partie du quotidien. L’illusion de sécurité est brisée à jamais.

Un attentat terroriste brutal dans un film d’action ne laisse pas plus de traces dans l’esprit qu’une poursuite en voiture, mais lorsqu’il apparaît dans un drame sensible, l’effet de choc est d’autant plus grand.

Même si je Même si je sais ce qui va arriver, l’attente est insupportable et le moment où cela arrive est profondément troublant. La proximité du Bataclan et de tous les autres actes terroristes oblige. Elle exige une sobriété cinématographique que Wincour possède avec reconnaissance.

Vers la fin, ces clichés ossifiés reviennent dans cette pièce par ailleurs sensible, mais cela ne diminue en rien le sens de l’émotion d’Alice Wincour.