Le chef-d’œuvre cinématographique de Lars von Trier, sorti en 2011, a de nombreuses connotations opératiques. La description de la dépression, de la décadence et de l’apocalypse finale est notamment imprégnée des sons funestes de « Tristan et Isolde ». Ici, le compositeur new-yorkais Mikael Karlsson a donné au drame apocalyptique un son complètement différent. Il a collaboré avec Royce Vavrek, qui a déjà écrit le livret de l’opéra « Breaking the waves » de von Trier.

Le résultat est en fait est devenu un opéra étonnant doté d’une véritable valeur intrinsèque et une œuvre d’art dans l’esprit de Richard Wagner. Ici, la vidéo, les hologrammes, l’électronique, le sensurround et un orchestre maximisé avec des percussions sont utilisés. C’est incroyable qu’autant d’émotions puissent trouver leur place dans une vieille maison ! Derrière « Melancholia » se trouve une équipe créative et internationale avec des expériences aux États-Unis, en Slovaquie, en Irlande, en Pologne, au Canada, en Italie et en Suède.

Deux sœurs se tiennent debout la sensible Justine et la sensible Claire. Au départ, elles sont des opposées polaires qui, unies, font face à la destruction, par opposition aux hommes insaisissables. On a l’impression que Mikael Karlsson avait dès le départ en tête la soprano délicieusement mélancolique de Lauren Snouffer et le mezzo stable de Rihab Chaieb. Et Anne Sofie von Otter dans le rôle de la mère cynique de l’enfer, un rôle non dépourvu d’humour, qu’elle fait vraiment ressortir.

Quand il s’agit de de toutes les humeurs et tensions du film, le calme et la simplicité des lignes peuvent me manquer. La musique majestueuse de Karlsson est très entraînante et le livret est un peu trop poétique par endroits. Mais si c’est du Wagner moderne, c’en est. Quoi qu’il en soit, le Ragnarok final tient bien la route dans cette compétition.