
Todd Haynes s’est fait connaître comme un réalisateur anticonformiste dans les années 1990 et au début des années 2000. Il a défié son public avec des films provocateurs tels que le drame sur le SIDA « Poison » (1991), l’idylle villa-cauchemar pandémique « Safe » (1995) et l’extravagant hommage au glam rock « Velvet Goldmine » (1998).
Puis Haynes a laissé tomber a perdu le fil avec des films intelligents conçus pour gagner des prix. Comme l’expérience Bob Dylan « Im not there » et le drame lesbien de Noël « Carol » (2015).
« May December » est librement inspiré de l’histoire vraie et scandaleuse d’une femme qui a été condamnée pour le viol d’un garçon de 13 ans aux États-Unis, mais qui est tombée enceinte de son enfant en prison et qui, après sa libération, a poursuivi sa relation pendant plus de 20 ans.
Haynes construit quelque chose différent d’une simple fiction. Le spectateur suit Elizabeth (Natalie Portman), une actrice envoyée en préparation d’un rôle au cinéma pour étudier la controversée Gracie Atherton-Yoo (jouée par Julianne Moore), une femme connue des tabloïds, qui est sortie de prison et mène une vie de famille « normale » avec ses trois enfants et son mari Joe (Charles Melton), de 23 ans son cadet, qui a été un camarade d’école de son fils.
L’actrice Elizabeth a « un intérêt pour les personnages moralement ambivalents » et appuie sur les bons boutons pour activer le désir refoulé de Joe pour une jeunesse volée.
Il est inhabituel des films qui explorent ce qu’on appelle le « toilettage » du point de vue de la féminité toxique, et « May December » rappelle parfois « At Any Cost » (1995) de Gus van Sant, dans lequel Nicole Kidman jouait le rôle d’une enseignante qui séduisait et exploitait un étudiant en rut (joué par Joaquin Phoenix).
Mais la mise en scène piquante de « May December » apporte une dimension plus humaine au drame du triangle. Haynes explore les dynamiques inégales qui se cachent derrière tous les problèmes des mamans avec un humour noir acide qui maintient le film en haleine jusqu’à la fin.
C’est charmant de voir que Haynes a enfin retrouvé sa forme d’antan.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
