Ce livre, qui a fait l’objet de recherches approfondies couvre une histoire de succès et deux désastres. L’horreur des événements révélés – la débâcle du publicitaire d’Aftonbladet, l’effondrement et le suicide de Benny Fredriksson – rend la lecture douloureuse.
Fredriksson, le voyageur de classe, se référait à des amis qui avaient Dagens Nyheter à la maison, lisait « L’existentialisme est un humanisme » de Sartre, acquérait une vision de la société et un amour du théâtre.
Le mélange des grimpeurs et d’idéalistes que l’on retrouve dans le genre est dépeint de manière nuancée par Hilton. Et il y a toujours un chat parmi les chats : on n’échappe pas à la lutte des classes.
En tant que manager, Benny Fredriksson était présent, fantasque, élevant les employés vers la lumière et en oubliant d’autres dans l’ombre. Le débat sur le rythme et les conditions de travail est vif.
Le désastre d’Aftonbladet fait l’objet d’un examen approfondi dans la décision du Médiateur des médias mais Hilton va plus loin. Autour de l’affirmation fausse de la directrice culturelle Åsa Linderborg selon laquelle M. Fredriksson aurait « forcé une actrice à subir un avortement » – ce qui n’était même pas mentionné dans le texte d’information qu’elle a commenté – il évoque une époque où la dynamique des médias sociaux n’était pas encore gérée avec un scepticisme raisonnable.
En fait, Aftonbladet a diffusé une pétition sur Facebook contenant des allégations anecdotiques (dont certaines se sont révélées déformées et fausses). La rédactrice en chef récemment nommée, Lena K Samuelsson, achève le revirement d’Aftonbladet en annonçant dans une interview avec Hilton qu’elle est revenue sur sa défense antérieure de la publication.
Une pierre angulaire de l’âme de Benny Fredriksson a été renversée. Après avoir quitté le théâtre de la ville dans ce qui, rétrospectivement, semble être une réaction de panique inutile, il est tombé. Les vingt dernières pages du livre sont d’une lecture atroce : tant de soutien, tant de conscience de soi, mais pas de salut.
Le livre comprend une douzaine de phrases faibles, que j’aurais bien sûr ajoutées si j’avais été l’éditeur, et quelques références maladroites à la dramaturgie grecque qui ne servent qu’à décorer le texte. Mais ces faiblesses sont marginales. Il s’agit de l’un des livres contemporains les plus solides que j’aie lus.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
