
« Joyland » a déjà gagné Cannes Queerpalm, le prix du jury dans la section Cannes Un certain regard et a été le premier film pakistanais à entrer dans une section de compétition du festival.
« Joyland » est également un drame d’une rare empathie sur Haider, un homme marié qui tombe amoureux de Biba, une femme transgenre qui danse dans l’un des théâtres érotiques de Lahore.
Haider vit avec sa famille, abattant des chèvres et jouant avec ses nièces. Il essaie surtout de ne plus décevoir son vieux père. Contrairement à son frère, Haider est au chômage, sans enfant et soutenu par sa femme Mumtaz. Il parvient à décrocher un emploi, mais au théâtre érotique local. Son père n’est pas content, mais il s’adoucit lorsque Haider explique que le directeur du théâtre paie 20 000 roupies par mois.
En fait, Haider est danseur de fond au théâtre. Pour l’acte intermédiaire, c’est Biba, la diva trans, qui s’en charge. Elle prend Haider sous son aile et lui apprend à se détendre.
Un équilibre précaire entre le flirt et la liaison est dépeint avec sensibilité par une photographie chaleureuse de Lahore.
« Joyland » n’est ni un pur porno traumatique, ni un feel-good LGBTQ total avec un voyage qui change la vie et où tous les personnages se découvrent et se retrouvent. Au contraire, le réalisateur Saim Sadiq permet à Haider et Biba d’être complexes dans leur quête d’identité et leur exploration de la sexualité. La plus grande force du film réside peut-être dans l’absence de message idéologique clair à marteler. Au lieu de cela, Sadiq s’efforce de trouver une humanité anti-algorithmique autour d’un sujet qui est devenu extrêmement polarisé.
Une objection pourrait être que le cadre lâche de la relation et du drame familial fait de la fin une sorte d’anti-climax.
Mais l’ambiance, l’humour discret et l’approche intrépide sont impressionnants.
« Joyland » sera l’un des favoris des prochains classements de fin d’année.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
