L’opéra du Britannique Benjamin Britten basé sur le « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare s’est rapidement imposé à Stockholm – et à Göteborg – après sa création en 1960. Curieusement, il a fallu attendre 60 ans pour que l’Opéra royal de Suède revienne à ce classique élisabéthain et moderne. L’Opéra de Malmö a mis en scène le « Songe d’une nuit d’été » il y a quelques années, comme s’il s’agissait d’un classique. Très anglais, avec des petits garçons dans les rôles des fées, et dans le rôle de Puck, le filou de la pièce, un grand et important rôle de parole.

Voici Robert Fux sous les traits d’un écolier en pleine croissance – un personnage dangereux. Les fées sont des dames d’âge mûr du chœur de l’Opéra, dans les merveilleux costumes et coiffures de Magdalena Åberg (chaussures ! abat-jour brillants !). Mais les garçons me manquent. Leur son cassant appartient à l’univers sonore enchanteur de Britten et ajoute à l’atmosphère de rêve.

Au Royal Opera House le rêve ne se déroule pas dans une forêt romantique digne d’un conte de fées. Il se déroule dans une interprétation freudienne d’un enchevêtrement nocturne de la réalité, sous la direction de Tobias Theorell et la scénographie magique de Lars-Åke Thessman. Son décor tient d’ailleurs le rôle principal ici, au Royal Opera House.

Mais la pièce de Shakespeare Mais la magie de Shakespeare est toujours là, son texte, bien que lourdement supprimé, reste merveilleux. Ce qui a le mieux réussi dans cette production, c’est la pièce dans la pièce, c’est-à-dire les manigances maladroites des artisans, qui relèvent plus de la comédie légère que de la comédie pure. Ici, c’est vraiment drôle, d’autant plus que les artisans ont plutôt l’air de fonctionnaires inhibés. Avec Peter Kajlinger, qui joue également le rôle de l’âne, c’est à la fois touchant et très drôle. Les amoureux humains, en revanche, sont un peu éclipsés ici, mais un jeune baryton, David Risberg, brille parmi eux.

Les fées royales, le couple Oberon (Rodrigo Sosa Dal Pozzo) et Titania (Elin Rombo) sont très convaincants, beaux et érotiques. Dans l’ensemble, nous voyons un bel ensemble dans un surréalisme visuel passionnant. Musicalement, le rêve que j’espérais ne se matérialise pas tout à fait. Mais c’était le rêve de mon enfance.