
Un film en costumes avec un petit budget mais beaucoup d’audace – et un côté anarchiste qui fait mouche. L’impératrice Elisabeth d’Autriche-Hongrie a vécu toute sa vie avec l’épithète « Belle ». Elle perd du poids et passe des heures à se coiffer, mais c’est une bataille impossible à gagner avec les années et la gravité. Et ce corset se resserre de plus en plus autour de la vie d’Elisabeth.
Nous entrons dans une crise royale de 40 ans, alors que l’impératrice doit faire face à sa propre vanité et à celle de son entourage, ainsi qu’à des conventions strictes. Au passage, elle s’assure de contrôler la politique mondiale.
Le féministe Le long bras de l’historiographie remonte une fois de plus le temps, donne une gifle tardive au patriarcat et met en lumière les femmes de cour intransigeantes. Comme dans « Spencer » sur Lady Di, la « Reine Margareta » danoise, « The girl king » sur la Reine Kristina et – sans oublier – « Marie Antoinette » de Sofia Coppola, âgée de 17 ans mais à l’exubérance juvénile.
« Corset » est la grande sœur plus audacieuse de ce dernier. On y retrouve la même bizarrerie anachronique – de la musique contemporaine est diffusée, il y a apparemment un tracteur qui rôde et quelqu’un boit une grande bière blonde – ce qui suggère qu’il n’y a pas grand-chose qui distingue le présent du passé. La technologie progresse, mais les attentes des femmes (et des hommes) ne changent guère. Une idée simple subtilement exprimée dans un film punky et divertissant.
Merci beaucoup grâce à Vicky Krieps dans le rôle principal, qui joue un mélange particulier de mélancolie et d’exubérance. C’est elle qui règne, principalement grâce à son jeu d’actrice d’une grande finesse (qui lui a valu un prix à Cannes l’année dernière), mais aussi en tant que coproductrice. On dit d’ailleurs qu’elle a proposé à la cinéaste Marie Kreutzer de faire le film.
Donc : sans Vicky, pas de Sisi (comme Elisabeth aurait été appelée). En tout cas, pas dans un tel costume, mais autrement, c’est le printemps pour l’impératrice indisciplinée. Il existe actuellement deux séries télévisées en son honneur, toutes deux des créations assez conventionnelles avec un protagoniste mignon et rebelle comme il faut – que Sisi elle-même aurait probablement montré du doigt.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
