Un homme d’un certain âge est assis dans le salon, avec un certain air. Un grand sourire d’affaires, peut-être.

Il semble connaître tout le monde dans le bâtiment du congrès et s’avère être un magnat des croisières, avec divers degrés de résidence. Il dit être venu ici 20 fois.

Bienvenue au Forum économique mondial – le Disneyland des Alpes, mais pour les princes du pétrole, les magnats de la finance, la moitié des vice-présidents du monde et beaucoup de types héroïques avec du feu dans les yeux.

Aucun des participants ne doit avoir de doute sur le grand événement de cette année. Deux lettres sont omniprésentes : AI. Dans le petit village alpin, chaque boîte aux lettres a été redécorée avec des écrans QLED étincelants et transformée en pavillon pour une sorte de réunion sur l’intelligence artificielle.

Le Forum économique mondial de Davos est en cours.

Photo : Fabrice Coffrini/AFP

Sam Altman, PDG d’OpenAI, s’est promené lundi dans les locaux temporaires de Microsoft. On pourrait l’appeler le personnage principal de l’année. Bien plus recherché qu’un premier ministre chinois, un président ukrainien ou Ursula von der Leyen.

Pourtant, c’est bien de politique qu’il s’agit qui fait de l’ombre à tout cela.

L’ancien conseiller à la sécurité de Barack Obama, Thomas Donilon, l’a décrit de la manière suivante :

Pendant trois décennies, l’économie a pris le pas sur la politique. La croissance du commerce, la mondialisation accrue et l’ouverture des frontières, telle était la tendance. Cette tendance s’est définitivement inversée.

Aujourd’hui, la politique domine l’économie mondiale, et nous ne parlons pas du bon côté de la politique, mais du nationalisme, du revanchisme et de la concurrence entre grandes puissances. En quelques années, un axe s’est consolidé, de la Corée du Nord à l’Iran en passant par la Chine et la Russie, avec un avant-poste au Yémen. La lassitude à l’égard de l’Occident caractérisera le monde pendant un certain temps encore.

Il est facile de de considérer l’événement de Davos avec un certain cynisme. Mais presque tout le monde est présent (les rebelles houthis ne sont nulle part) et l’idée est qu’ils se parlent. Ce qu’ils font parfois, dit-on, avec des résultats surprenants.

Au-delà du salon, derrière les portes closes, on espère qu’ils parlent de paix.

Le village alpin de Davos est assombri par la guerre et les conflits politiques.

Photo : Andy Barton/SOPA Images/Shutterstock

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