Dans le livre « Ours was the shining future », une sorte de chronique du rêve américain, le journaliste économique David Leonhardt énonce une vérité simple mais importante. Le capitalisme l’emporte sur le socialisme, historiquement ce n’est même pas une question. Mais le capitalisme réglementé est nettement préférable au capitalisme non réglementé, ou à ce que Leonhardt appelle le « capitalisme brutal » ; là aussi, les preuves empiriques sont assez claires.

On peut certainement L’affirmation de Leonhardt selon laquelle c’est la déréglementation, la concentration du marché et l’augmentation des inégalités des 30-40 dernières années qui ont finalement ouvert la voie à Donald Trump.

Mais il est difficile d’interpréter le soutien populaire aux grèves des principaux syndicats de l’automobile à l’automne dernier autrement que comme un signe que les Américains estiment que l’équilibre des forces sur le marché du travail a trop évolué en faveur des employeurs. Selon les sondages, seuls 10 % des Américains étaient d’accord avec General Motors, Ford et les autres géants. Ils ont fini par céder.

La Tesla d’Elon Musk fait ressembler ces employeurs plus traditionnels à l’Union coopérative de 1981. Le constructeur automobile fuit en effet toutes les règles, tous les processus et, de préférence, tous les droits. Comme l’a noté Elsa Kugelberg dans DN (1/11), la plus grande usine de l’entreprise a récemment violé trois fois plus de règles de sécurité que les dix autres plus grandes usines automobiles des États-Unis réunies. Lors de la production de nouveaux modèles, les employés devront peut-être dormir sur le sol de l’usine, ou être licenciés par Musk sur-le-champ s’il est d’humeur à le faire.

Un autocrate lunatique dans une principauté allemande du XVIIe siècle est une assez bonne analogie.

Il dirige son autre entreprise, la plateforme de médias sociaux X, de la même manière intéressée. On peut d’ailleurs se demander si c’est une coïncidence que les articles d’Aftonbladet aient été signalés par un drapeau d’avertissement, après une publication cette semaine liant les sous-traitants de Tesla en Chine au travail des enfants.

Tesla et X sont le fruit de la personnalité instable de Musk ; un autocrate capricieux dans une principauté allemande du XVIIe siècle est une assez bonne analogie (une idéologie a fini par émerger pour contrer ce type de comportement, le libéralisme).

Ou si vous préférez : Musk est le capitalisme du Far West incarné par Leonhardt.

C’est en partie qu’une nette majorité de Suédois soutient la lutte de IF Metall pour les conventions collectives et que la grève s’étend à l’étranger.

C’est pourquoi le Financial Times, le plus grand journal économique occidental, soutient ouvertement les syndicats suédois.

Et c’est pourquoi l’affirmation de la page éditoriale de Dagens Industri, selon laquelle les quelques vieillards qui gèlent actuellement devant les ateliers de Tesla se livrent ainsi à du « chantage », peut être considérée comme la description la plus parodique de la réalité de l’année.

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