
ANKARA

Les représentants de la Turquie, de la Suède, de la Finlande et de l’OTAN se réuniront à Ankara le 14 juin pour déterminer dans quelle mesure la Suède a respecté ses engagements en matière de lutte contre le terrorisme, tels que spécifiés dans un accord trilatéral signé l’année dernière.
Selon un communiqué de la Direction de la communication, le Mécanisme permanent conjoint tiendra sa quatrième réunion dans la capitale turque environ un mois avant que les dirigeants de l’OTAN ne se réunissent lors d’un sommet crucial à Vilnius.
La Suède et la Finlande ont demandé à entrer dans l’alliance après l’occupation russe de l’Ukraine en 2022. La Turquie a ratifié la demande de la Finlande après que celle-ci se soit conformée aux dispositions de l’accord trilatéral entre la Turquie, la Suède et la Finlande, qui oblige les deux pays nordiques à intensifier la lutte contre le terrorisme du PKK.
La Suède, cependant, doit encore prendre des mesures concrètes contre le terrorisme, dit Ankara, soulignant qu’elle veut voir la mise en œuvre d’une nouvelle loi anti-terroriste par les autorités suédoises. Le mécanisme permettra d’évaluer tous ces points.
Le communiqué de la direction de la communication informe que la réunion sera organisée par l’ambassadeur Akif Çağatay Kılıç, principal conseiller en politique étrangère du président Recep Tayyip Erdoğan. L’équipe de l’OTAN sera dirigée par le chef de cabinet du secrétaire général de l’OTAN, Stian Jenssen, celle de la Suède par le secrétaire d’État, l’ambassadeur Jan Knutsson, et celle de la Finlande par le secrétaire d’État permanent, Jukka Salovaara.
Cette réunion sera cruciale car son issue donnera un signal fort quant à l’approbation par la Turquie de la demande d’adhésion de la Suède à l’Alliance avant le sommet des dirigeants de l’OTAN qui se tiendra les 11 et 12 juillet en Lituanie.
Outre la Turquie, la Hongrie doit encore ratifier la candidature de la Suède.
La Suède espère participer à l’OTAN
Avant la réunion, le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billström, a souligné que la nouvelle loi antiterroriste suédoise facilitera la coopération avec la Turquie ainsi qu’avec d’autres pays de l’OTAN et de l’UE dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.
Lors d’une conférence de presse avec le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, à Varsovie, M. Billström a déclaré que son pays avait déjà achevé ses préparatifs en vue de l’alliance, ajoutant que « la Suède est prête à être un allié actif et loyal dès le premier jour et à contribuer à la sécurité de tous les alliés ».
« Nous sommes prêts à contribuer au renforcement de la présence de l’OTAN dans la région de la mer Baltique, aux patrouilles aériennes et à d’autres collaborations pour la sécurité nationale, et nous condamnons toutes les organisations terroristes, y compris le PKK, qui commettent des attentats », a-t-il souligné.
La nouvelle loi antiterroriste, entrée en vigueur le 1er juin, ouvre la voie à des mesures plus sévères contre le terrorisme, la propagande terroriste et le financement des activités terroristes.
La Suède va extrader vers la Turquie un partisan autoproclamé du PKK
Dans le même temps, la Suède a accepté d’extrader vers la Turquie un homme condamné pour trafic de drogue qui soutenait également le PKK, a rapporté l’AFP. Le gouvernement suédois a décidé « d’accorder une extradition de la Suède concernant un citoyen turc de 35 ans », a déclaré à l’AFP un fonctionnaire du ministère de la Justice, Ashraf Ahmed.
Cette décision intervient après que la Cour suprême a autorisé en mai son rapatriement vers la Turquie, où il devrait purger une peine pour trafic de stupéfiants. L’homme, dont l’extradition a été autorisée, a été condamné en 2014 à quatre ans et sept mois dans une prison turque pour avoir transporté un sac contenant du cannabis, selon la décision de la Cour suprême suédoise.
Il a été libéré sur parole et s’est installé en Suède, mais a été arrêté en août de l’année dernière à la suite d’une demande des procureurs turcs.
