Malgré tout, nous ne pensons pas que la stratégie de la Riksbank ait fondamentalement changé. Le compte-rendu de la réunion d’avril n’a pas montré de divergence de vues significative sur la manière de lutter contre l’inflation. Cela signifie qu’une nouvelle hausse des taux de 25 points de base aura lieu comme promis – probablement en juin – et qu’elle pourrait être suivie d’autres si les données le justifient.

Ce qui a changé, cependant, ce sont les implications monétaires. Le nouveau gouverneur Eric Thedeen s’est montré résolument hawkish et explicite sur la nécessité de soutenir la SEK, avec un succès relatif si l’on compare les performances de la couronne à celles d’autres pays pro-cycliques.

Mais la réunion d’avril a marqué un tournant pour la couronne, comme nous l’avions indiqué à l’époque. Les signaux contenus dans la projection des taux d’intérêt, la division inattendue au sein du conseil d’administration et les données dovish qui ont suivi ont rendu la SEK plus vulnérable à court terme.

Le message optimiste était sans doute le principal outil de la Riksbank pour soutenir la SEK, et il est difficile d’imaginer que ce discours sera repris en juin, en particulier si l’inflation continue d’évoluer dans la bonne direction. Comme l’a admis Floden lui-même récemment, la Riksbank peut vouloir une monnaie plus forte, mais elle ne peut pas faire grand-chose à ce sujet.

Une plus grande faiblesse de la SEK pourrait pousser la Riksbank à envisager une intervention sur le marché des changes, mais nous avons souligné à plusieurs reprises que la menace d’une intervention nous semble plus probable que son déploiement effectif, étant donné les munitions relativement faibles en termes de réserves.

En fin de compte, alors que la Riksbank a cherché à devancer la Banque centrale européenne sur les hausses de taux, la réalité est qu’à mesure que le niveau absolu des taux d’intérêt augmente, les compromis impliqués pour le marché du logement et l’économie en général s’accumulent. Les décideurs politiques espèrent que la perspective d’une baisse des taux de la Réserve fédérale à l’horizon, associée à la fin du cycle de hausse des taux de la BCE au cours des prochains mois, pourra éliminer une partie de la pression à laquelle elle est actuellement confrontée.