
La Suède est plus en sécurité depuis l’adhésion de la Finlande à l’OTAN, mais ne souhaite pas rester longtemps en dehors de l’Alliance militaire, déclare le Premier ministre suédois Ulf Kristersson.
« À long terme, nous ne pouvons pas rester en dehors de l’Alliance de l’Atlantique Nord. Les plans de défense suédois sont liés à ceux de la Finlande. Il serait préférable pour nous et pour la région que les deux pays soient membres de l’OTAN », estime M. Kristersson.
Il affirme que « la question n’est pas de savoir si la Suède fera partie de l’OTAN, mais quand ».
Le chef d’état-major de l’armée suédoise, Micael Bydén, a déclaré que laisser la Suède en dehors de l’OTAN pendant plusieurs années serait un problème. Il estime que l’adhésion de la Finlande à l’Alliance rapproche le deuxième pays nordique de l’OTAN.
Selon le vice-amiral Jonas Haggren, nouvellement nommé délégué militaire de la Suède auprès de l’OTAN à partir du 1er juillet, le pays est prêt à rejoindre l’Alliance.
« Notre intégration est en cours depuis l’année dernière et l’absence de décision finale sur l’adhésion n’a aucun impact sur ce processus », assure M. Haggren.
En mai 2022, la Suède et la Finlande ont présenté conjointement leur candidature à l’OTAN et coordonnent toutes les étapes du processus d’adhésion. Fin juin dernier, lors du sommet de l’OTAN à Madrid, les deux pays nordiques ont signé un accord avec la Turquie, s’engageant notamment à lutter contre le terrorisme. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan souhaitait que la Suède et la Finlande expulsent les activistes kurdes qui avaient trouvé l’asile politique en Scandinavie.
En janvier cependant, après l’acte consistant à brûler un Coran devant l’ambassade de Turquie à Stockholm et à accrocher une effigie d’Erdogan devant l’hôtel de ville de Stockholm, il est devenu clair qu’Ankara ne serait pas disposé à accepter la candidature de la Suède à l’OTAN. Les gouvernements finlandais et suédois ont décidé qu’il n’y avait aucune raison pour que les objections turques à Stockholm bloquent l’adhésion d’Helsinki.
La Suède doit également convaincre la Hongrie d’approuver la candidature à l’OTAN. Budapest exige qu’aucun débat politique sur l’État de droit hongrois ne soit organisé en Suède. La question est d’autant plus pressante que la Suède préside les travaux du Conseil européen et que l’une des priorités de la présidence suédoise reste la défense de la démocratie.
Lors de la cérémonie d’admission de la Finlande à l’OTAN, le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billström a assuré que son pays « poursuivra ses efforts pour convaincre ses partenaires (Turquie et Hongrie) d’accepter la Suède ». Il a également exprimé l’espoir que la Suède rejoigne l’OTAN avant le sommet de l’organisation qui se tiendra à Vilnius en juillet.
La Suède, bien qu’elle n’ait décidé de demander l’adhésion à l’OTAN qu’en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, coopère avec l’OTAN depuis des années et organise des exercices conjoints. Les soldats suédois participent en outre à plusieurs opérations militaires de l’OTAN.

pap
