-Il sera très intéressant de suivre cette évolution, qui pourrait servir de guide à l’Union européenne », déclare Mark Brady, professeur agrégé d’économie, qui étudie la politique agricole et les incidences sur l’environnement.

La proposition danoise repose sur le fait que le pays doit réduire considérablement ses émissions pour atteindre ses objectifs en matière de climat. Le gouvernement danois veut donc obliger les entreprises danoises, y compris les agriculteurs, à assumer une plus grande responsabilité dans la réduction de leurs émissions, tout en favorisant le développement de technologies respectueuses du climat.

La peur de la faillite

D’ici l’été, une décision sur les nouvelles réglementations agricoles pourrait être finalisée et les plans du Danemark sont uniques, selon Mark Brady.

-Traditionnellement, l’agriculture n’est pas soumise à des taxes sur les émissions comme les autres industries. Au lieu de cela, les agriculteurs ont été payés pour réduire leurs émissions par le biais de diverses subventions environnementales.

Selon M. Brady, cela s’explique par le fait que la plupart des exploitations agricoles sont traditionnellement de petites entreprises familiales.

-La peur de la faillite des agriculteurs a été exprimée par les responsables politiques, qui craignaient que les particuliers ne soient très durement touchés, alors que les industries gérées par de grandes entreprises sont plus à même de supporter leurs coûts.

« Des réductions sont nécessaires dans toute l’UE

Mais à mesure que les exploitations agricoles européennes prennent de l’ampleur, la question d’une taxe environnementale à l’échelle de l’UE devient de plus en plus pertinente, selon M. Brady.

-Il est difficile d’atteindre les objectifs environnementaux existants par le seul biais d’engagements volontaires. Toutefois, une taxe peut être compensée en redistribuant les recettes pour soutenir les investissements dans le domaine du climat.

Cependant, Brady ne considère pas qu’une taxe climatique nationale sur l’agriculture suédoise, similaire au modèle danois, soit une bonne idée.

– L’agriculture suédoise ne représente qu’une fraction des émissions agricoles totales de l’UE et nos conditions de concurrence sur le marché mondial sont bien pires. Pour avoir un effet sur le climat, il faut des réductions dans l’ensemble de l’UE et des mesures compensatoires pour que les émissions ne se déplacent pas à l’étranger. Par exemple, une taxe sur les produits importés.