

L’année 2024 a commencé par une petite hécatombe dans l’économie suédoise. Rien qu’en janvier et février, plus de 2 000 entreprises ont connu le sort que leur réservaient les tribunaux de district en matière de faillite.
Jamais, du moins depuis la crise des années 1990, les chiffres n’ont été aussi élevés.
De loin, cela ressemble à à une élimination violente d’entreprises. C’est certainement le signe d’une aggravation de la récession et de la crise des taux d’intérêt.
Mais même si les chiffres cachent beaucoup de rêves brisés et de vies de travail détruites, un examen plus approfondi révèle autre chose. Les problèmes sont loin d’être aussi graves qu’il n’y paraît à première vue.
Voilà le paradoxe : Alors qu’un nombre extrêmement élevé d’entreprises font actuellement faillite, peu de personnes sont touchées. Le nombre de salariés touchés par les faillites est encore bien inférieur à ce qu’il était au début de la pandémie ou pendant la crise financière, par exemple.
Les entreprises qui ont fait faillite l’année dernière sont de petite taille. Nombre d’entre elles n’emploient aucun salarié.
Cette constatation est quelque peu surprenante. Lors des récessions précédentes, les entreprises de plus en plus grandes avaient tendance à connaître des problèmes. On assiste souvent à un grand nombre de faillites rapides. Ce n’est pas du tout le cas cette fois-ci.
Pourquoi ? Augmentation de la criminalité économique est certainement à l’origine de certaines faillites. Les entreprises frauduleuses n’ont souvent pas d’employés. Mais il est encore difficile de tracer une tendance lourde dans ce domaine.
Une meilleure explication est que la récession actuelle frappe davantage les petites entreprises de construction que les grandes entreprises industrielles. L’artisan qui perd son gagne-pain n’y trouvera guère de réconfort. Mais l’effondrement d’un travailleur indépendant n’est pas la même chose que la disparition de grands emplois.
Il serait également étrange si la courbe ne pointait pas vers le haut. D’autant plus que l’augmentation est naturelle puisqu’elle part des niveaux exceptionnellement bas que nous avons connus avec le soutien à la pandémie.
Les chiffres des faillites confirment donc l’image d’une récession – jusqu’à présent – plutôt modérée.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
