Les baleines à fanons sont connues pour leurs chants caractéristiques. Des chercheurs de l’université du sud du Danemark ont découvert comment elles créent ces sons en opérant et en étudiant le larynx de baleines échouées dans le sud du Danemark.

La recherche a révélé un organe de la parole au moins aussi avancé que celui de l’homme.

Recréer la voix des baleines

Au total, ils ont prélevé trois larynx et les ont emmenés au laboratoire. Ils y ont construit un système permettant de souffler de l’air dans les gorges et de mesurer simultanément la pression, le débit et les vibrations du tissu.

– Dès la première tentative, nous avons réussi à créer des sons qui ressemblaient à ceux des baleines, ce qui signifie qu’elles font la même chose lorsqu’elles chantent », explique Coen Elemans.

Les modèles 3D du larynx ont permis d’autres expériences, comme l’activation de différents muscles de la gorge pour voir comment cela affectait le son.

L’air provenant des poumons de la baleine bardée remplit le larynx et est pressé entre un repli de tissu et un coussin de matière grasse situé au-dessus. La pression fait vibrer le pli et crée le son. Photo : Patricia Jaqueline Matic

Les bateaux ne peuvent pas être noyés

Les tests en laboratoire ont montré que la plupart des baleines à fanons ne peuvent pas émettre de sons supérieurs à 300 hertz, ce qui équivaut au son d’un cargo. Comme elles utilisent l’air de leurs poumons pour produire des sons, il leur est de plus en plus difficile de communiquer à mesure qu’elles nagent en profondeur. Cette capacité diminue à environ 100 mètres dans l’eau.

– Malheureusement, c’est à cette profondeur que les humains émettent également des sons, principalement à partir des cargos », explique Coen P.H. Elemans.

La pollution sonore dans les océans est en augmentation. L’étude souligne donc l’importance de trouver des solutions pour réduire le bruit.

– La visibilité étant très faible dans l’océan, les animaux dépendent entièrement du son pour se retrouver. Les bruits perturbateurs peuvent menacer la capacité des baleines à se retrouver pendant la période de reproduction.

L’étude est publiée dans la revue Nature.