Sa thèse de doctorat intitulée « The street of associations » (La rue des associations) examine comment Norra Grängesbergsgatan était autrefois composée de locaux industriels qui ont été contraints de fermer et ont ensuite été repris par des migrants qui ont créé de nouvelles entreprises dans les locaux abandonnés.

– La principale raison pour laquelle les migrants sont venus ici pour trouver de nouveaux locaux et créer des entreprises était que les loyers étaient bon marché. Il en va de même pour les artistes. Il y a beaucoup de studios et d’ateliers ici.

Mise à niveau et déclassement en même temps

Selon Laleh Forughanfar, ce type d’infrastructure est important parce qu’il naît des échanges quotidiens.

– Il y a beaucoup de valeur dans ces échanges, qu’il faut reconnaître et prendre en compte.

Norra Grängesbergsgatan est connue pour être la rue la plus cool de Malmö, mais elle est aussi en proie à la criminalité et aux clubs noirs.

– L’image sombre que l’on donne de cet endroit est d’une part un moyen de faire venir plus de police et de contrôle, et d’autre part elle ouvre la porte à d’autres développements.

– Il s’agit d’un discours commun à l’embourgeoisement : il s’agit d’un déclassement et d’une revalorisation qui se produisent en même temps.

« La culture de qui compte ?

Laleh Foroughanfar affirme que des valeurs importantes risquent d’être perdues lorsque la rue est transformée, car les expressions culturelles existantes sont mises de côté lorsque la porte est ouverte à la culture plus moderne de la classe moyenne. Par exemple, de nombreuses stations de lavage servent également de cuisines pour les cérémonies religieuses.

– Quelle est la culture qui compte ? Qu’en est-il des personnes qui ont construit cette rue à partir de rien ?

Quel rôle l’urbanisme peut-il jouer dans la réduction de la criminalité ?

– Tout d’abord, je ne crois pas que l’urbanisme ait la capacité de s’attaquer à des problèmes structurels tels que le chômage et la racialisation, ou le fossé entre les riches et les pauvres.

– Je ne suis pas contre le développement, mais nous devons écouter des voix différentes. Nous devons être ouverts à la diversité et aux différences.