
Mercredi, le salaire plancher des travailleurs immigrés sera plus que doublé et passera à 27 360 couronnes suédoises. Les syndicats, les entreprises et même les représentants du gouvernement considèrent que cette réforme pose de gros problèmes.
Parmi les personnes concernées, on compte plus de 3 000 travailleurs de la restauration, plus de 1 000 agents de nettoyage et des centaines d’aides-soignants et d’infirmières.
La dernière Suède a besoin aujourd’hui de moins de main-d’œuvre – au contraire, elle en a besoin de plus. L’Association suédoise des autorités locales et régionales prévoit que 50 % de tous les jeunes atteignant l’âge de travailler devront commencer à travailler, principalement dans le domaine des soins aux personnes âgées, et les entreprises ont signalé qu’elles avaient besoin de 70 % de ce même groupe.
La Confédération des entreprises suédoises et 21( !) syndicats de Saco (Expressen 31/10) se sont fermement opposés au nouveau plancher salarial. Outre la pénurie de main-d’œuvre, ils soulignent que cette mesure pourrait menacer le modèle suédois, dans la mesure où la politique interfère avec la formation des salaires.
Le gouvernement introduit une législation en sachant qu’elle affectera le bien-être des Suédois et l’économie.
Un allié inattendu est apparu dans l’Agenda de dimanche (29/10). Le ministre du Travail Johan Pehrson (L) a déclaré qu’il y aurait des problèmes et qu’il « s’attendait » à ce que le rapport sur des conditions plus strictes pour l’immigration de la main-d’œuvre fasse des exceptions pour le travail social lorsqu’il sera présenté en janvier.
Le gouvernement introduit une législation en sachant qu’elle affectera le bien-être des Suédois et l’économie. Pourquoi n’a-t-il pas pu au moins attendre l’enquête ?
Jessica Rosencrantz (M), présidente de la commission de la sécurité sociale, apporte la réponse dans Aktuellt (30/10). Elle nous dit que le durcissement est lié à l’ancienne politique de migration et d’intégration. C’est incompréhensible. « On ne réduit pas l’exclusion en mettant à la porte ceux qui viennent ici – souvent temporairement – et qui ont un emploi dès le premier jour.
Il serait bon que le gouvernement protège la prospérité suédoise au lieu d’afficher sa dureté à l’égard de l’immigration.
Plus d’informations ici :
Susanne Nyström : les politiciens suédois doivent comprendre que l’immigration n’est pas un mal
Isobel Hadley-Kamptz : Les fermes suédoises risquent de s’effondrer alors que le gouvernement restreint l’immigration de main-d’œuvre
Amanda Sokolnicki : La bourgeoisie doit-elle laisser la décadence se poursuivre ?
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
