
Berlin, 31 juillet (EFE) – Le Danemark et la Suède envisagent d’interdire l’incinération du Coran et d’autres manifestations devant les ambassades étrangères, alors que l’on craint une crise diplomatique entre les pays nordiques et les gouvernements musulmans.
Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a convoqué les rapporteurs des affaires étrangères pour une réunion lundi afin de discuter de la question.
« Le gouvernement examine très sérieusement les réactions internationales aux brûlures de Coran au Danemark », a déclaré le ministre danois.
« Nous ne devons pas laisser nos désaccords à ce sujet créer des divisions, que ce soit à l’étranger ou chez nous », a ajouté M. Rasmussen.
Cette décision fait suite à plusieurs incendies de Coran et à la profanation des Saintes Écritures au Danemark et en Suède par des manifestants anti-islam.
Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a déclaré dimanche qu’il était « en contact étroit » avec son homologue danoise, Mette Frederiksen, afin de prendre des mesures communes contre les incendies de Coran.
« Nous sommes au cœur de la situation la plus grave en matière de politique de sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale et, chez nous, nous savons que des États, des acteurs de type étatique et des individus peuvent tirer parti de la situation », a déclaré M. Kristersson sur Instagram.
La semaine dernière, M. Kristersson avait déjà mis en garde contre une situation à haut risque, alors que des manifestants ont de nouveau appelé à profaner le livre saint cette semaine.
Ces incidents ont suscité la fureur des pays à majorité musulmane et des protestations généralisées.
À Bagdad, des centaines de manifestants ont pris d’assaut et incendié l’ambassade de Suède après qu’un réfugié irakien en Suède eut annoncé l’incinération d’un Coran à Stockholm.
Finalement, le réfugié n’a pas brûlé le livre saint, mais l’a frappé et profané devant l’ambassade d’Irak au milieu des protestations de groupes de manifestants principalement musulmans, un événement qui a fait l’objet d’une grande couverture médiatique.
Les actions du réfugié irakien, qui se trouve en Suède depuis 2019, font suite à des incidents similaires organisés au Danemark et dans d’autres pays nordiques par le néonazi suédo-danois Rasmus Paludan.
Les deux pays ont condamné ces incidents, mais les manifestations passées ont été approuvées en vertu des lois sur la liberté d’expression et le droit de manifester.
La Suède, en particulier, suivra de près l’évolution de la situation, le parlement turc devant voter sur l’adhésion de la Suède à l’OTAN en octobre.
Lors du dernier sommet de l’OTAN à Vilnius (Lituanie), le président turc Recep Tayyip Erdogan a accepté de lever son blocus sur l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
L’une des principales objections soulevées par Ankara était que la Suède héberge des membres de groupes militants, dont le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme un groupe terroriste en Turquie.
Plusieurs pays majoritairement musulmans, dont la Turquie, la Jordanie et l’Irak, ont condamné les profanations du Coran autorisées par la police et ont demandé à Stockholm et à Copenhague de les interdire. EFE
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