Appelez-le pas « népo-bébé ». Brandon Cronenberg est peut-être le fils du légendaire David Cronenberg et il suit sans aucun doute les traces de son père avec des « body-horror » obsédés par le sexe et morbidement philosophiques, mais Cronenberg le plus jeune comprend la culture visuelle de son époque et a créé sa propre expression, plus large. Son troisième film, « Infinity Pool », se caractérise par une imagerie trippante et une bande sonore dominante qui s’attaque à tous les sens avec une force irrésistible, pour une expérience cinématographique presque totalement immersive.

Auteur James Foster (Alexander Skarsgård) est parti avec sa riche épouse Em pour un voyage d’inspiration dans le mystérieux pays de La Tolqa. Malgré la beauté des paysages qui entourent la station balnéaire, protégée par des murs et des gardes lourdement armés, un jeu de pouvoir psychosexuel commence lorsqu’ils font la connaissance d’un autre couple de vacanciers. Mme Gabi s’avère être une admiratrice des débuts de James, âgés de six ans, confirmant ainsi son ego affamé.

Les vacances prennent une tournure sombre lorsque James conduit en état d’ébriété et tue l’un des habitants. Il est condamné à mort, ou plutôt à être cloné et à assister à l’exécution de sa copie. Le pays sans loi de La Tolqa s’avère être un terrain de jeu pour les touristes d’élite qui peuvent expier leurs crimes en faisant fabriquer des copies et en les envoyant à l’abattoir.

Gabi et son mari recrutent l’aventurier James pour des actes de violence injustifiés et des orgies hallucinogènes. Il finit par se perdre dans l’ivresse de la violence.

Tout est incroyable bien interprété par les acteurs mais surtout par Alexander Skarsgård qui oscille entre les états émotionnels les plus extrêmes et donne l’impression que c’est simple.

Brandon Cronenberg explore les recoins les plus profonds de la masculinité, mais se livre aussi à une critique efficacement dégoûtante du nihilisme et du mysticisme de l’élite. Les clichés sont compensés par le fait que l’atmosphère devient progressivement plus onirique. Une inquiétante photo flottante rend certaines séquences carrément psychédéliques.

C’est imprévisible et terrifiant, Brandon Cronenberg conduisant le public d’une main ferme en enfer.

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Regardez l’interview d’Alexander Skarsgård et du réalisateur Brandon Cronenberg dans le clip. Photo : UIP Suède