
C’est de l’histoire à court terme, mais toujours distincte et claire : du premier rapport en 2009, qui a été accueilli avec scepticisme et méconnaissance, à la place manifestement centrale qu’il occupe aujourd’hui. Le chemin est passé par ISIS, la vague de violence de 2015-16 et l’attaque terroriste de Rakhmat Akilov sur Drottninggatan en 2017.
Sandelin lui-même a a participé à plusieurs enquêtes journalistiques importantes dans ce domaine et donne un compte-rendu clair et lucide de la période où les réseaux de recrutement pouvaient se faire passer pour des clubs de football et recevoir des subventions municipales pour leurs activités. Il décrit également comment certains commentateurs, sans critique raisonnable des sources, ont affirmé que le chercheur en terrorisme Magnus Ranstorp était contrôlé par les Émirats arabes unis. M. Sandelin soulève ici un débat important sur l’exigence de vérification des faits dans les documents d’opinion, qui doit être aussi élevée que pour le reste du journalisme. Cela peut sembler évident, mais une certaine confusion règne même parmi les journalistes.
Cependant, je veux dire que Sandelin néglige la distinction importante entre la propagande soutenant le terrorisme et le débat libre. La critique qu’il adresse dans son livre aux débatteurs radicaux influencés par la théorie post-coloniale, comme le Comité musulman des droits de l’homme, s’applique, pour autant que je sache, aux analyses sociales qui sont extrêmes par rapport au juste milieu, qu’elles ont en partie en commun avec l’islamisme violent, mais qui ne sont même pas proches de l’illégalité. Alors pourquoi mettre le MMRK dans le même sac que les terroristes ?
Une autre frontière importante est celle qui sépare l’islamisme violent et terroriste du moralisme musulman conservateur qui tente de se répandre dans les régions à forte population musulmane. Sandelin l’identifie mais ne discute pas de la manière dont ces tentatives de soft power issues d’interprétations islamiques réactionnaires devraient être abordées dans une société ouverte. Mais son livre constitue une bonne base pour d’autres débats et un élément important du processus de maturation de la Suède en tant que société multiculturelle.
Erik est né et a grandi à Stockholm, en Suède, où il a passé la majeure partie de sa vie avant de venir vivre en France en 2018. Il est de langue maternelle suédoise et parle couramment francais. Il a obtenu un diplôme en communication et marketing à l’Université de Stockholm. Passioné par les voyages et la culture Suédoise, il aime partager les infos et valeurs de la Suède.
